Perrache : le Grand Lyon veut fluidifier le transit entre Carnot et les archives

Le Centre d’échange de Perrache reste une frontière urbaine marquée entre le nord et le sud Presqu’île. Le Grand Lyon veut remettre en synergie la place Carnot et la place des archives, et redonner une visibilité à la gare.

Elle semble être l'une des "frontières" naturelles de Lyon intra-muros. Le centre d’échanges de Perrache, construit à l’ère Pradel, cache l’ancienne gare de Perrache, et derrière elle, le quartier de la Confluence. Posée sur deux autoroutes, cette superstructure marque d’une certaine façon une limite immobilière.

Le quartier Sainte Blandine, derrière Perrache, bien qu’ayant largement profité ces dernières de sa proximité avec Confluence n’en subit pas moins une décote par rapport au nord de la Presqu’île. Le mètre carré dans un appartement ancien atteint en effet, selon les derniers chiffres de la chambre des notaires du Rhône, 3.839 euros du mètre carré côté Ainay/Presqu’île, contre 3.160 euros côté Sainte Blandine.

Même si le différentiel a eu tendance, au cours des 10 dernières années, à nettement s’atténuer, les voutes et le centre d’échange de Perrache demeure une fracture urbaine majeure, et ce du fait du caractère peu franchissable de la structure. Entre l’autoroute toute proche et les routes sous les voutes occupées presque entièrement par les voitures, la gare Perrache et son centre d’échanges semblent être, pour le piéton venant de la Presqu’île, un cul de sac.

« Toute personne qui s’engage dans la gare en tant que piéton est désarçonnée » explique l’urbaniste Gérard Penot, en charge de ce projet auprès de la SPLA Lyon Confluence. Et pour passer de la place Carnot à la Place des Archives, le piéton traversera la plupart du temps, de manière successive, le centre d’échanges, puis la gare Perrache, avant de redescendre les escalators côté cours Charlemagne. Pourtant, le trafic risque de s'accentuer au cours des prochaines années : à proximité immédiate de la gare, la faculté catholique va disposer, d'ici trois ans, de deux sites : l'un au nord place Carnot, l'autre au sud en lieu et place de la prison Saint Joseph. Plus globalement, le développement du quartier de la Confluence va accroître les besoins de déplacement entre nord et sud de la Presqu'île.


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Redonner une visibilité à la gare Perrache

La traversée de Perrache - et de ce fait la question de la requalification du centre d'échanges - est donc plus que jamais d'actualité. L’idée serait donc, dans un premier temps, « de redonner à la fois de la lisibilité ainsi qu’une certaine visibilité à la gare » selon le maire de Lyon, Gérard Collomb, qui a abordé le sujet en conférence de presse mardi dernier. Pour cela, il faut ainsi simplifier, pour Gérard Pénot, le parcours du piéton et « désencombrer ce que les techniques successives sont venues superposer à l’objet initial ». Exit donc les escalators, ou encore une partie du trafic automobile sous les voutes.

Dans la voute ouest, la circulation automobile pourrait ainsi laisser place aux piétons et aux modes doux, pour être reportée plus à l’ouest côté Saône. De ce fait, la place des archives se trouverait libérée du trafic automobile jusqu’à Suchet. « Une partie du cours Charlemagne peut devenir, à ce moment-là, piétonne » explique l’urbaniste, et ce jusqu’à Suchet.

Le piéton venant du sud traverserait la voute pour déboucher, entre la gare et le centre d’échanges, sur l’une deux places Perrache. Puis la traversée se poursuivrait jusqu’au niveau bas de la place Carnot. « Pour que tout ceci soit compréhensible pour le piéton, il faut enlever toutes les superpositions de dalles sur lesquelles se trouvent actuellement des taxis et qui viennent en encorbellement assombrir le tout. Or pour qu’il y ait des espaces publics de qualité il faut de la lumière » explique l’urbaniste.

Rendre plus transparente la traversée piétonne

L’autre idée serait de rendre plus lisible les circulations en replaçant le piéton à proximité du sol de la ville. Pour l’heure, le piéton arrivant de la place Carnot est contraint de prendre les escalators du centre d’échanges, puis le traverser pour rejoindre le bâtiment de la gare via une passerelle suspendue.
L’idée étudiée par le Grand Lyon et discutée avec les différents partenaires (Sytral, RFF et SNCF) serait de rendre plus transparente cette traversée en arrivant directement dans le centre d’échanges au niveau du sol, sans passer par les escalators. Ceci rendrait la circulation piétonne plus fluide en direction du parvis de l’ancienne gare de Perrache, laquelle est aujourd’hui noyée dans les superstructures de l’ère Pradel. Enfin, la collectivité étudie également la possibilité de réaliser une entrée du métro plus proche de la place des archives, alors qu’aujourd’hui ce dernier n’est accessible que depuis la place Carnot. De la même façon, un prolongement de la ligne 2 du tramway est également étudié jusqu’au cours Charlemagne.

Toutefois, le chemin est encore long pour qu’un projet définitif soit définitivement adopté et mis en œuvre, du fait de la nécessité de trouver les dernières solutions techniques - ce qui pourrait encore prendre, selon l’urbaniste, 6 mois - d’assurer le financement du projet, et de réaliser les études de faisabilité. Au final, ce projet global de restructuration de Perrache pourrait ainsi prendre « au bas mot » 7 ans, dont 3 à 4 ans de travaux. Car pendant ce temps, les trains continueront à transiter, le métro à circuler, tout comme le tramway et les taxis, ce qui rend l’opération autour de ce nœud stratégique très complexe à réaliser.

» Saint-Joseph-Saint Paul: quand les prisons s'ouvriront...

 






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Commentaires

Et qu’en est il du projet de destruction pure et simple du centre de Perrache ? Après dé classification de l’autoroute A7 traversant le centre ville en boulevard urbain bien sur. Un objectif politique qui devrait être une priorité pour la prochaine mandature à la Mairie de Lyon. Il faut un peu de courage politique: réparer une erreur majeure d’urbanisme! Et restituer au cœur de Lyon le poumon vert que fut et serait le nouveau cours de Verdun.Tous les aménagements ou demi mesures, ne sont que de la poudre aux yeux….GD

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Assez d’accord!

Lorsque j’avais été visité le projet Confluence à l’époque de Barre, j’avais été bluffé par le projet… Il partait du nord pour aller vers le sud… Le centre d’échanges aurait dû être à l’époque démonté. Mais Gérard Collomb est arrivé par là et a préféré faire du tape à l’oeil au sud de la Presqu’ile, en laissant ce blaukaus en plein milieu. Et maintenant, on se dit: « tiens, ce bloc de béton c’est quand même une grosse vérue ». Et plutot que d’enlever la vérue, on va la percer un peu. Déplorable. Tant qu’à gaspiller de l’argent public, autant le dépenser plus tard à un véritable démantèlement du CE.

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Vous êtes un peu dans le rêve. vous pensez bien que si on avait pu démonter tranquillement le Centre d’échanges, on l’aurai fait depuis longtems. Il faut du pognon pour démonter tout ça. Ca veut dire qu’il faut aussi avoir une vision globle de ce que l’on veut faire à la place. Le métro, la place des archives../ Moi je trouve que pouvoir rapprocher le métro A de la place des archives, c’est une idée plutot bonne, faute de pouvoir prolonger complètement le métro vers le centre commercial de confluence

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Moi je suis assez d’accord avec Deries.

Qu’a t-on fait du Cours de Verdun? L’idée de Collomb d’un boulevard urbain qui longerait la Confluence, ce n’est autre que la reconstitution du Cours de Verdun, et là le centre d’échanges sera de trop. Et financement ou pas, je pense qu’il faudra faire quelque chose…

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Ca semble un bon début : le trajet des piétons va devenir plus simple et sympathique.
Manquent encore :
1) Un aménagement agréable du Cours de Verdun (et ça ne dépend pas de la réalisation du TOP, excuse bien confortable pour ne rien faire)
2) Retirer le métro de sous la voûte Sncf : Depuis 35 ans le métro demi-tourne et se gare la nuit sous cette voûte.
Depuis 35 ans il pourrit littéralement le fonctionnement du quartier.
Aurons nous un jour un maire assez c…llu pour intimer au Sytral de se barrer de là ?

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