Confluence : comment la mixité va s’imposer dans les immeubles

STRATÉGIE TERTIAIRE DU GRAND LYON – Le projet de Lyon Confluence, qui s’étend sur près d’un million de mètres carrés, passe désormais dans sa phase 2. Les premières consultations pour 3 ilots, dont l’ilot A3, vont être lancées au MIPIM. Retour sur un des projets structurants de l’agglomération.

C’est l’un des évènements du MIPIM. Le Grand Lyon va lancer les premières consultations pour 3 ilots du quartier de la Confluence, dont celle concernant l’ilot A3, situé face à la patinoire Charlemagne, au Nord du nouveau siège de la région Rhône-Alpes. L’évènement aura lieu jeudi, à l’occasion d’une présentation du quartier qui s’effectuera au Palais des Festivals de Cannes, lors de la grand-messe annuelle de l’immobilier.

Les ventes de charges foncières sur les îlots de la phase 2, qui vise à transformer les terrains laissés libres par le déménagement du marché gare, devraient s’étaler jusqu’à la fin de cette année. La révision du PLU de la ZAC 2 étant en cours – le commissaire enquêteur a remis son rapport – le choix des équipes de promoteurs-architectes pour ces premiers ilots à construire devrait être effectif dans les prochains mois. « Pour la fin de l’année 2012, nous avons bien l’intention d’avoir la première équipe qui construira ces logements » table Jean Pierre Gallet, directeur de la SPLA de La Confluence (à droite sur la photo). Le PLU devrait quant à lui être modifié dans la foulée, à la mi-2013.

Sur le projet de La Confluence, qui porte sur l’aménagement de 1 million de m², 420.000 m2, dont 160.000 de logements, devraient encore sortir de terre d’ici 2025 dans le cadre de la deuxième phase, le tout sur 35 hectares. Il s’agit donc d’un volume sensiblement identique à la première phase, qui s’était traduit par la création de 400.000 m2 SHON. Parallèlement, ce sont près de 200.000 m2 qui ont été mis en mouvement dans le Nord du quartier de la Confluence, via le chantier des anciennes prisons qui vont être réaménagées en campus et en logements, mais également par le biais d’autres opérations en diffus, comme le réaménagement par la SNCF de ses propriétés. Par ces transformations, la Confluence devrait, à l’horizon 2025, représenter 15.000 habitants contre 7.000 aujourd’hui, et 25.000 emplois.

Mixité fonctionnelle

Le quartier poursuit donc sa mue, dans le cadre d’un aménagement dichotomique. Les excentricités architecturales de la première phase vont faire place à un urbanisme plus maitrisé, où les contraintes en matière architecturales seront sans conteste plus nombreuses.

La première phase avait vu l’édification du conseil régional, du centre commercial, des immeubles de bureaux côté Saône (Euronews, Espace Groupe, Banque de France, etc…) et des premiers bâtiments longeant la Darse. La deuxième phase de la Confluence verra la mixité fonctionnelle s’imposer jusque dans les immeubles et devrait ainsi comprendre 45% de tertiaire et 45% d’habitation. Elle s’inscrira dans la logique d’aménagement du quartier, divisé en trois territoires : le quartier du marché sur l’emprise de l’ancien marché-gare, la transversale, qui consiste en un axe est-ouest traversant la Presqu’ile, et le champ, espace végétalisé structurant les abords du confluent au sud.

Sur l’espace des marchés gare, l’aménagement voulu par Herzog et de Meuron sera millimétré, dans le respect de certaines règles. « Comparé à la ville moderne, où nous avions beaucoup d’espaces vides ou non urbanisés, nous avons des îlots perméables en perception mais aussi certains îlots qui sont traversants » explique l’architecte-urbaniste Christophe Röttinger. Les bâtiments seront donc individuels pour créer cette perméabilité. La silhouette de la rue change dans le plan mais aussi en élévation : « Elle semble être accidentelle ou un peu aléatoire, mais elle suit des règles très précises, physique, sur l’ensoleillement par exemple, qui donne l’emplacement des bâtiments » indique Christophe Röttinger. Une grande qualité architecturale sera donc exigée, pour que le quartier conserve une attractivité à long terme. L’enveloppe des bâtiments sera rectangulaire, afin d’inciter les architectes à travailler dans le détail du projet, plutôt que de créer des formes un peu folles et aléatoires. Les tons blancs seront de rigueur, afin de conserver une certaine continuité de tons sur le côté Rhône de la Presque Ile. Au lieu de tout raser, certains bâtiments remarquables architecturalement, comme certaines entrées du marché-gare, la halle aux fleurs, la halle au caoutchouc et la halle Girard seront conservés, pour conserver une trace du passé.

Et les tours ?

Si les tons de la phase devraient être très homogènes, les hauteurs des bâtiments, seront, elles, plus diverses. Une centaine de bâtiments devraient être édifiés sur cette deuxième phase, qui s’étalera jusqu’en 2025. Avec d’abord une dizaine de bâtiments R+2 consacrés au logement, en cœur d’îlot. L’immense majorité des immeubles iront toutefois du R+5 au R+9, et seront d’usage résidentiel ou mixte. Les R+5 et R+6 seront plutôt en cœur de quartier, tandis que les R+8 et R+9 seront plutôt en R+8, R+9. Enfin des bâtiments R+16 résidentiels seront érigés en complément, et « placés de manière très précise, en relation avec des bâtiments plus bas, longs et existants » selon Christophe Röttinger.

Pour l’avenir, la maquette du projet comprend également deux bâtiments IGH, à proximité de la transversale, et de la future maison de la danse, qui devrait ouvrir ses portes en 2018. Ces deux tours offriraient, à l’arrière-plan du champ végétal, un signal fort au voyageur venant du sud. Toutefois, il s’agit là de projets de long terme. « Gérard Collomb a toujours dit qu’il laisserait ce dossier à ses successeurs », précise-t-on au Grand Lyon. « A l’intersection de l’épine dorsale de la Presqu’ile, et de la transversale nous prévoyons – non pas pour demain mais pour après-demain – la vision de deux tours d’une certaine hauteur, avec une programmation de logements » table Christophe Röttinger. Ces tours seraient, dans ce cas, à usage mixte, le but n’étant pas de créer à cet endroit deux tours uniquement tertiaires.

L’Ilot K, un exemple pour la phase 2

La Phase 2 devrait, pour atteindre son objectif de mixité des usages, fortement s’inspirer de l’expérience de l’îlot K. Nacarat, présent sur les marchés résidentiel et tertiaire, avait, sur la phase 1, déjà pensé le concept dans les immeubles avec le projet « K », qui aboutira fin 2014 à la création d’un ensemble de 5.800 m2 de bureaux, et 5.000 m2 de logements, autour de la place Denuzière. Pour mener à bien ce projet, le promoteur avait imposé dans son cahier des charges un certain nombre de mutualisations, dont celles des circulations verticales, des halls et des parcs de stationnement.

Le défi était non seulement architectural, mais aussi économique, les ratios pour ce type d’opération étant totalement bouleversés par rapport aux opérations traditionnelles. Le promoteur a donc opté pour le développement de surfaces modestes, vouées à des activités libérales, en complément de l’offre traditionnelle. « Le concept était de placer les bureaux sur les premiers niveaux, et de placer les logements sur la partie haute, l’intérêt étant de donner le maximum de lumière naturelle aux logements», explique Stéphane Véra (en photo à gauche de Gérard Collomb), l’architecte de l’îlot. Les immeubles ont ainsi été sculptés pour capter le maximum d’ensoleillement dans les différents logements.

Les épaisseurs de bureaux dans les bâtiments K6 et K5 donnent au final des bâtiments assez massifs, de 20 mètres d’épaisseur. « Lorsque l’on fait des bâtiments classiques, travailler sur 20 mètres d’épaisseur est assez compliqué. Finalement, la contrainte nous a permis de créer des logements atypiques » analyse Stéphane Véra. L’autre contrainte était celle liée à la performance énergétique. Sur l’ensemble de l’îlot, « nous sommes à 12 kilowatts heure d’énergie primaire par mètre carré par an » se targue l’architecte, soit bien moins que les normes actuelles.

Une Halte SNCF au sud

A côté de ces prouesses architecturales, les déplacements tiennent bien sûr une place primordiale dans l’attractivité du quartier. Si la place de la voiture a été réduite à la portion congrue dans cet éco-quartier, l’offre de transport, ne cesse, en revanche, de se densifier. Une navette fluviale ira bientôt du quartier Saint Paul à la Confluence et desservira le centre commercial. Parallèlement, le prolongement du T2 jusqu’à Debourg devrait permettre au quartier d’être relié début 2014 à Gerland et au sud de Lyon. Le Grand Lyon prévoit en outre une halte TER, au sud de la Confluence, pour relier le quartier à Givors et Saint Etienne. Enfin, les nouvelles passerelles enjambant la Saône et le Rhône, et qui formeront la transversale du quartier, permettront une liaison à l’est et à l’ouest. Côté voitures, trois parkings seront créés à proximité des quais du Rhône, dont un à la sortie du Pont des Girondins, et un autre à proximité de la future Maison de la Danse. Sans compter le parking du centre commercial, dont la capacité sera, dès le 4 avril prochain, de 1500 places.

Au nord du quartier, la collectivité travaille également sur des passages plus faciles entre la place Carnot et le sud de la gare de Perrache. Car avec l’arrivée sur le site des prisons de la faculté catholique, qui est déjà présente place Carnot, les flux nord-sud piétons vont se multiplier. D’où la nécessité de penser les traversées nord-sud et les passages sous Perrache. « On est en train de travailler pour savoir comment on rend un peu plus facile et agréable esthétiquement l’ensemble de la traversée de la place Carnot jusqu’à la Confluence» explique Gérard Collomb, le maire de Lyon. « On a tout un projet où on est en train d’évider des bouts de bâtiments, retrouver des passages qui avaient été bouchés sous les voies de manière à pouvoir rendre plus fluide la communication entre le nord et le sud » poursuit-il, en précisant que certaines parties en aérien vont être détruites pour rendre moins complexe les cheminements.

Avec cette offre de déplacement et la nouvelle offre commerciale que constitue le pôle de loisirs et de commerce, les élus du Grand Lyon espèrent convaincre de nouveaux habitants à venir s’installer dans ce nouveau quartier, ce qui semble, pour l’heure assez bien engagé. A côté de la mixité fonctionnelle, la mixité sociale n’est pas oubliée: le quartier devrait, à terme, abriter 30% de logements sociaux. Parallèlement, l’accession se développe à tous les prix. A ce jour, sur les 1900 logements de la phase 1, les trois quarts sont aujourd’hui construits et occupés. « Aujourd’hui, il n’y pas de soucis de commercialisation » assure Jean Pierre Gallet. « Il y a aujourd’hui plutôt une surdemande qu’une suroffre » renchérit Gérard Collomb. « Les prix vont, en accession, de 2.200 euros, dans le cadre d’accession sociale, à des prix qui vont jusqu’à 5.000 euros le mètre carré » se félicite Jean Pierre Gallet. Pour lui, « c’est la grande force de ce projet, d’avoir créé une ville pour tous…».

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Photos: Herzog et de Meuron- Michel Desvigne Paysagiste SPLA Lyon Confluence/LPI/Herzog et de Meuron- Michel Desvigne Paysagiste SPLA Lyon Confluence/Herzog et de Meuron- Michel Desvigne Paysagiste SPLA Lyon Confluence/LPI/© DESVIGNE Conseil SPLA Lyon Confluence

 








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Commentaires

Ah! j’ai cru qu’il s’agissait de mixité sociale! je me disais aussi…

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