<p>Gérard Collomb (SDH/LPI)</p>
Gérard Collomb est mort ce samedi. Il avait annoncé, il y a un peu plus d’un an, être atteint d'un cancer de l'estomac. Il restera, à l'image d'Edouard Herriot, de Louis Pradel ou de Claude-Marius Vaïsse, l’un des grands transformateurs de la ville de Lyon.
Il restera sans conteste, avec Edouard Herriot et Louis Pradel, l’un des maires qui aura marqué l’histoire urbaine de Lyon. Gérard Collomb est mort ce samedi 25 novembre. Il avait annoncé, il y a un peu plus d’un an, être atteint d'un cancer de l'estomac.
L’image qui restera de l’ancien maire de Lyon sera sans conteste celle d’un inlassable bâtisseur. "Bâtir la ville sur la ville" aura d'ailleurs été, au fil des années et de ses traditionnelles présentations de la stratégie tertiaire du Grand Lyon, l'un de ses leitmotiv'. Ses mandats, de mars 2001 à juillet 2017 et de novembre 2018 à juillet 2020, resteront notamment marqués, d’un point de vue urbain, par le développement du quartier de la Confluence, la transformation du quartier de la Part-Dieu, et la refonte de nombreux secteurs de la Ville de Lyon.
Vaise, premier chantier
Mais c’est en tant que maire du 9e arrondissement de Lyon, sous le mandat de Raymond Barre, que Gérard Collomb initie avec l’ancien Premier ministre la transformation urbaine d’un quartier de Lyon, à savoir Vaise. A travers la ZAC sud initiée en 1998 et développée dans la première décennie du siècle, puis la ZAC Nord aussi appelée « Vaise Industrie », déroulée depuis le début de la décennie 2010, il a œuvré à la mue profonde de ce quartier, tant en tant que maire d’arrondissement, qu’en tant que maire de Lyon ou qu’à la tête du Grand Lyon.
« Lorsque je suis arrivé en 1995 à la tête de la mairie du neuvième, c’était un quartier qui s’était totalement effondré. Nous avions à l’époque une conviction, celle que l’on ne redynamiserait ce quartier qu’à partir du moment où on pourrait réintroduire une dynamique économique nouvelle.»
Gérard Collomb
Le quartier de Vaise sera redéveloppé en «pôle numérique de Lyon», et, au nord, en un nouveau quartier, mixant habitat, commerces et bureaux.
De même, un « Grand Projet de Ville » est impulsé en 2003 à la Duchère par le maire de Lyon. Gérard Collomb profite en cela de la loi Borloo et de la création de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) pour initier un projet de démolition/reconstruction et de rénovation urbaine dans ce quartier. L’idée est d'y rééquilibrer l’offre de logements, via la destruction ou la restructuration de barres HLM, et d’y apporter une certaine mixité des fonctions, notamment économiques et commerciales. En quelques années, une nouvelle centralité apaisée, la place Abbé Pierre, est aménagée. Le quartier est labellisé écoquartier en 2013.
Un autre quartier de Lyon, Mermoz, dans le 8e arrondissement, bénéficiera lui aussi d’une profonde transformation de la ville avec la destruction de l’autopont de Bron en 2010, qui scindait en deux ce quartier populaire.
Confluence, un quartier à jamais lié à Gérard Collomb
Mais un nouveau quartier sera particulièrement lié aux différents mandats de Gérard Collomb : la Confluence. Initié là aussi sous le mandat de Raymond Barre via la mission Confluence, c’est n’est qu’au début du premier mandat de Gérard Collomb que le quartier se redéveloppe véritablement. La création de la ZAC de la Confluence intervient en 2003. L’arrivée du tramway au coeur du quartier à Montrochet en 2005, quelques années avant la construction du siège du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes en 2008, assure l’assise d’une nouvelle centralité.
Symbole du renouveau de Lyon et de la mutation de cet ancien quartier industriel en « Green District », la mise en eau de la darse intervient en juin 2007, avant l’ouverture du bassin nautique sur la Saône en 2008, après deux ans de travaux. Parallèlement, le quartier se développe sous le signe d’une double mixité, sociale et fonctionnelle. Des immeubles à l’architecture contemporaine comme le « Cube Orange » ou le « Monolithe » s’imposent comme des marqueurs du quartier. L’ouverture du pôle commercial de la Confluence, le lancement de la deuxième phase de la ZAC côté Rhône en lieu et place du marché gare démoli en 2009, et l’inauguration de la tour Ycone réalisée par Jean Nouvel sont d’autres étapes majeures du quartier qui ont rythmé les deux derniers mandats de Gérard Collomb.
La transformation de l’Hôtel-Dieu et des prisons
Certains bâtiments emblématiques de Lyon auront connu une nouvelle vie sous l’ère Collomb. C’est le cas de nombreux hôpitaux, comme l’Antiquaille, Debrousse, ou encore le Grand Hôtel-Dieu. La mutation de ce dernier durant la décennie 2010 restera assurément comme l’une des transformations majeures d’un ensemble immobilier emblématique du centre-ville, où se côtoient désormais commerces, hôtellerie de luxe, bureaux et Cité de la gastronomie.
Un peu plus tôt dans cette même période, un autre site majeur du centre de Lyon avait connu une transformation tout aussi radicale : les anciennes prisons Saint-Joseph et Saint-Paul. Les immeubles réhabilités et reconstruits ont permis le développement d’un ensemble mixte, où sont implantés une université, l’UCLY, des logements, des bureaux, des commerces et une brasserie.
Part-Dieu, la grande transformation
C’est au cours des mandats de Gérard Collomb que la Part-Dieu engage une profonde mue, marquée par le redéveloppement de tours et la fin de l’urbanisme de dalle. Initiée en 2007, la tour Oxygène est inaugurée en 2010. Suivent ensuite la déconstruction de la tour UAP et l’édification de la tour Incity, plus haut IGH de Lyon. La réhabilitation-extension de la tour EDF via le développement en deux phases du programme Silex inaugure également une nouvelle ère, celle de la régénération en profondeur d’immeubles tertiaires emblématiques. Enfin, Gérard Collomb réalisera la pose de première pierre de la tour To-Lyon, immeuble de grande hauteur développé à côté du pôle multimodal de la Part-Dieu.
Surtout, les espaces publics entament eux aussi une profonde transformation, à l’image de la rue Garibaldi, qui, avant sa requalification, faisait figure d’autoroute urbaine. L’apaisement de cette artère, via notamment la suppression des trémies, la démolition de certaines passerelles piétonnes, a permis de pacifier le secteur mais aussi de davantage végétaliser le quartier.
Gerland, l’autre quartier d’affaires
L’autre mue d’ampleur concerne le 7e arrondissement. Là, pas de tour, mais le développement de plusieurs programmes immobiliers tertiaires dédiés à la santé et la biotechnologie. Par ailleurs, la ZAC du Bon lait et la ZAC des Girondins affirment un nouveau développement résidentiel, avec la construction de nombreux programmes d'habitation.
Les berges du Rhône et le Vélo’v
L’autre réalisation majeure du premier mandat de Gérard Collomb restera sans conteste les Berges du Rhône, qui s’étendent du parc de la Tête d'Or au parc Henry-Chabert, à Gerland, et qui proposent, en lieu et place du stationnement de véhicules, des espaces ludiques, de détente, et des cheminements à la fois piétonniers et cyclables en bord de fleuve.
Cette réalisation d’aménagements cyclables coïncide d’ailleurs peu ou prou avec l’arrivée du système de vélo en libre service Vélo’v, autre innovation majeure en matière de mobilités introduite par Gérard Collomb et Gilles Buna, qui aura été reprise dans d’autres villes, dont Paris avec les Vélib'.
